Simple is beautiful but also simple is hardfull…Il y a quelques temps, je lisais une interview de Karl Lagerfield dans le Monde. Il expliquait, à propos d’une rétrospective sur le grand portraitiste américain Irving Penn, que les conditions de shooting mode ont bien changé en l’espace de 20 ans. Aujourd’hui un shooting mode s’intègre quasi systématiquement dans des grosses productions, avec des budgets en conséquence. Sur un plateau, il y a désormais pléthore d’intervenants : le photographe et le mannequin bien évidemment, mais aussi un ou plusieurs assistants lumière, un assistant numérique, une styliste, le client, le coiffeur, la maquilleuse, l’assistant de production, etc. A l’époque d’Irving Penn, foin de tout cela. Les éditions Condé Nast (Vogue, Harper Baazar), lui avait loué un petit appartement dans Manhattan. La cuisine servait de labo pour les tirages, le salon, équipé d’une large baie vitrée, de plateau de prise de vue. Irving Penn travaillait souvent en lumière du jour, donc point d’assistant lumière. C’était un photographe qui préférait de toutes façons être seul avec son modèle. C’était un des plus grands, sinon le meilleur, portraitiste du XXème siècle. Helmut Newton travaillait également avec juste une lumière tungstène et son Canon 24x36 très basique. Plus actuel, Peter Lindbergh est capable de travailler avec peu de moyens : un Leica et un Fresnel. Dans le domaine de la nature morte culinaire, Jean-Louis Bloch Lainé (photographe notamment de Pierre Hermé), vous fait saliver avec juste une source de lumière. C’est ainsi qu’il a appris à travailler en Angleterre au début de sa carrière. On pourrait multiplier les exemples à l’infini.
Aux Usa, un photographe dont j’ai oublié le nom, propose un workshop dont le but est d’apprendre à travailler avec un ou 2 flashs maximum, équipés de simples parapluies. Et de se rendre compte à quel point on peut faire beaucoup de choses avec juste peu de moyens. Cela permet aussi d’oublier un peu la technique et de se concentrer sur sa créativité. En tous cas, pour ma part, j’en suis convaincu et je pense que c’est un très bon exercice, la contrainte pouvant s’avérer créative.