Nouvelle série sur New-York, sur le thème du regard, visible sur mon site : www.laurent-mayeux.com
Nouvelle série sur New-York, sur le thème du regard, visible sur mon site : www.laurent-mayeux.com
“Je vous préviens tout de suite, j’ai horreur d’être prise en photo. De toutes façons, je ne suis pas photogénique du tout.” Et pour mettre définitivement dans l’ambiance, au cas où vous n’auriez pas compris :” Aucun photographe n’a réussi à me rendre belle, alors c’est pas aujourd’hui que ça va changer !”…Grosse pression…Réalisant souvent des portraits en entreprise, ce sont les phrases régulièrement entendues en tant que photographe. Alors quand vous vous êtes levé à 5h du matin, fait 2h de route et que vous arrivez dans l’entreprise pour tirer le portrait de 200 personnes pour le trombinoscope, et que votre première candidate, vous sort toutes les objections citées plus haut, en faisant la tête car c’est son chef qui l’a un peu obligée à faire la photo, il vaut mieux être de bonne humeur. D’autant plus que c’est ce que vous allez entendre toute la journée. Bon, j’exagère, il y aura au moins 10% des personnes qui seront indifférentes à l’exercice du portrait…
Et bien malgré tout cela, le portrait, même en version 200 personnes par jour, c’est sympa ! Car si vous faites bien votre boulot de photographe pro, parmi les 90% qui traînent les pieds en venant vous voir, une bonne partie repartira pas si mécontent de se rendre compte que tout compte fait le résultat n’est pas si mal que cela. Et quelle satisfaction !
Au delà de l’enjeu, il est beaucoup plus difficile de photographier un directeur général de grande entreprise qu’une employée. Le directeur général -contrairement à l’employée- ne se laissera pas toujours diriger. Et lui, il a l’habitude d’être photographié. il tentera d’imposer au photographe l’image qu’il veut bien donner mais qui ne reflétera pas forcément son vrai caractère. Bref, il ne baissera pas facilement la garde. L’employée soit-disant pas photogénique, se laissera guider par vos conseils. Et si vous savez la mettre en confiance et la détendre, elle repartira contente, en ayant passé 3 minutes pas si terribles. C’est là une vrai satisfaction.
Mais comme je le disais à l’une d’entre elles un jour, “même avec le meilleur des photographes, vous ne retrouverez jamais l’image que vous voyez dans votre miroir…” Mesdames, acceptez-le.
Simple is beautiful but also simple is hardfull…Il y a quelques temps, je lisais une interview de Karl Lagerfield dans le Monde. Il expliquait, à propos d’une rétrospective sur le grand portraitiste américain Irving Penn, que les conditions de shooting mode ont bien changé en l’espace de 20 ans. Aujourd’hui un shooting mode s’intègre quasi systématiquement dans des grosses productions, avec des budgets en conséquence. Sur un plateau, il y a désormais pléthore d’intervenants : le photographe et le mannequin bien évidemment, mais aussi un ou plusieurs assistants lumière, un assistant numérique, une styliste, le client, le coiffeur, la maquilleuse, l’assistant de production, etc. A l’époque d’Irving Penn, foin de tout cela. Les éditions Condé Nast (Vogue, Harper Baazar), lui avait loué un petit appartement dans Manhattan. La cuisine servait de labo pour les tirages, le salon, équipé d’une large baie vitrée, de plateau de prise de vue. Irving Penn travaillait souvent en lumière du jour, donc point d’assistant lumière. C’était un photographe qui préférait de toutes façons être seul avec son modèle. C’était un des plus grands, sinon le meilleur, portraitiste du XXème siècle. Helmut Newton travaillait également avec juste une lumière tungstène et son Canon 24x36 très basique. Plus actuel, Peter Lindbergh est capable de travailler avec peu de moyens : un Leica et un Fresnel. Dans le domaine de la nature morte culinaire, Jean-Louis Bloch Lainé (photographe notamment de Pierre Hermé), vous fait saliver avec juste une source de lumière. C’est ainsi qu’il a appris à travailler en Angleterre au début de sa carrière. On pourrait multiplier les exemples à l’infini.
Aux Usa, un photographe dont j’ai oublié le nom, propose un workshop dont le but est d’apprendre à travailler avec un ou 2 flashs maximum, équipés de simples parapluies. Et de se rendre compte à quel point on peut faire beaucoup de choses avec juste peu de moyens. Cela permet aussi d’oublier un peu la technique et de se concentrer sur sa créativité. En tous cas, pour ma part, j’en suis convaincu et je pense que c’est un très bon exercice, la contrainte pouvant s’avérer créative.
J’écoutais récemment la retransmission d’une conférence au demeurant fort intéressante, donnée par Sylvain Maresca, sociologue ayant enquêté sur les mutations économiques de la photographie professionnelle. Sylvain Maresca à interviewé bon nombre de photographes de diffusion pour les besoins de son étude. Il leur a demandé de décrire la façon dont ces derniers ont appréhendé le virage du numérique. Il en a fait la synthèse, mettant en avant les difficultés de la profession. Une très large majorité a clairement mal vécue cette révolution, se référant sans cesse à “l’avant”, et en la subissant sans forcément trouver les ressorts pour tirer parti du numérique. Les remarques et commentaires des photographes présents à cette conférence abondaient dans la même direction.
Au delà des aspects technologiques évidents, je pense que la révolution numérique oblige à changer d’état d’esprit face au marché. Et c’est bien plus long et plus difficile que de passer du film au capteur. Aujourd’hui, le marché est mondial. L’actualité vient nous rappeler que notre business va bien au delà de nos frontières. Là où hier, si on était un bon créatif, on pouvait s’en sortir, cela ne suffit plus aujourd’hui. Il faut être plus que jamais créatif -condition nécessaire pour se démarquer d’une concurrence mondiale-, mais aussi gestionnaire, et homme de marketing. Il faut se considérer comme une marque, raisonner en termes de besoins clients et de marchés. Mais en entendant la conférence de Sylvain Maresca et les réflexions de certains confrères, j’ai le sentiment que ce discours heurte, voire choque, certaines oreilles. Comme si vision d’auteur et marketing étaient incompatibles. Comme si prix de marché étaient un gros mots face à droits d’auteur. Ce dernier n’est plus respecté ? Ce n’est pas vrai à partir du moment où l’on reste souple dans son application face au marché qui évolue et si on propose une vraie créativité. Comme si certains se réfugient derrière le soi-disant abandon du droit d’auteur pour cacher leur propres difficultés à se vendre…Et l’on retombe dans un débat bien franco-français, où il est bien difficile de changer nos habitudes, en oubliant parfois de regarder ailleurs. Lisez la presse professionnelle photographique anglo-saxonne, notamment américaine, et vous vous rendrez compte que les photographes américains ont bien moins de scrupules à allier business et photo créative…
La conjoncture n’est pas facile, mais pour ma part, sans le numérique, je ne serai certainement pas arrivé là où je suis, en terme de développement de chiffres d’affaires. Il s’agit bien d’un progrès.
L’unité d’habitation de Marseille, également connue sous le nom de Cité radieuse, est une résidence édifiée entre 1945 et 1952 par Le Corbusier. Bâtie sous forme de barre surpilotis (en forme de piètements évasés à l’aspect brutaliste) elle tente de concrétiser une nouvelle forme de cité, un « village vertical » appelé « Unité d’habitation ». La résidence compte 337 appartements en duplex séparés par des « rues intérieures ». Sources Wikipédia.
Afficher en haute résolution
Shooting culinaire en studio pour un industriel opérant dans le secteur de la fourniture aux artisans pâtissiers.